
Jeudi 29 octobre : Avant de basculer dans le confinement, quelques kilomètres et une montée sur la plateau s'imposent ! Même si mon lieu de vie m'offre un confinement de luxe. Sortie sur la tourbière de la source du Roc, l'ambiance est là, le ciel plombé et les éclaircies vont à tour de rôle. Je respire ces moments, les apprécie dans leur entièreté. Chacun à sa beauté, sa force et son caractère. Le silence et le mouvement de même. J'aurais pu écrire "le silence et la vie de même", mais à la réflexion, le silence est aussi la vie. Il doit être apprécié à sa juste valeur, réaliser ce qu'apporte l'arrêt, en prendre conscience. Je reviens à mon opposition silence/mouvement. C'est vraiment incroyable comme l'on sent la différence. Quand le soleil se montre, j'entends les tarins s'égayer dans les aulnes, se régaler des fruits, les bois bruisser, la vie est présente. La brume monte, le ciel s’obscurcit, s'abaisse. Lourd et uniforme presque palpable. Les sons deviennent ténus puis s'arrêtent, même le chant du ru semble disparaître Puis ces hêtres me font face, torturés, isolés au milieu de cette tourbière. La lumière et l'eau à leurs pieds, l'ombre sur leurs faîtes. Le soleil est de retour, se faufile sous le couvercle nuageux. Beaux, magnifiques, puissants, élevés. L'instant est magique. L'ombre n'est que de l'ombre, le prémice de la lumière, l'un de va pas sans l'autre. La patience est de mise pour apercevoir l'un puis l'autre.